Pourquoi contester son licenciement pour faute grave ?

Notre cliente cadre, responsable d’agence, a été licenciée pour faute grave à la suite de ses alertes dans lesquelles elle dénonçait à l’employeur des difficultés de gestion en interne et des dysfonctionnements récurrents. 

Alors qu’elle était placée en arrêt maladie et qu’elle avait sollicité une visite de reprise auprès du médecin du travail, l’employeur l’a convoqué à un entretien préalable au licenciement avec mise à pied conservatoire.

La cliente a adressé un courrier à l’employeur, en réitérant la dénonciation de ses conditions de travail. Elle a immédiatement saisi la juridiction prud’homale, aux fins de contester la procédure de licenciement. Au moment de son licenciement notre cliente avait 10 ans d’ancienneté.

Notre cabinet d’avocats a défendu cette salariée cadre, à la suite de son licenciement pour faute grave.   Nous avons assuré la défense de cette salariée en faisant notamment valoir que l’employeur avait violé deux libertés fondamentales, celle d’ester en justice et la liberté d’expression de notre cliente.

La Cour d’appel nous a donné raison et a prononcé la nullité du licenciement, sur le fondement de la violation d’un droit constitutionnel. Le Conseil de prud’hommes quant à lui, avait fait application de l’article L.1235-3 du Code du Travail et alloué des dommages-intérêts pour licenciement abusif à hauteur de 3 mois de rémunération brut.  

Retour sur une victoire du cabinet : nullité du licenciement d’une salariée pour violation de ses droits fondamentaux

Découvrez pourquoi il est essentiel de contester un licenciement pour faute grave. Exemple d’une victoire du cabinet : nullité, réintégration et indemnités record.

Le licenciement pour faute grave : une sanction extrême

Le licenciement pour faute grave prive le salarié de toute indemnité de préavis et de licenciement. Il est souvent contesté devant le Conseil de prud’hommes, car de nombreux employeurs abusent de cette procédure.

Notre cabinet vient d’obtenir une victoire exemplaire devant la Cour d’appel de Pau qui rappelle l’importance de contester un licenciement pour faute grave lorsque les droits du salarié sont bafoués.

Les faits : alerte sur les conditions de travail et licenciement brutal

La salariée, cadre responsable d’agence, avait :

  • Alerté sa hiérarchie sur de graves dysfonctionnements internes,
  • Dénoncé une discrimination salariale entre hommes et femmes,
  • Saisi la juridiction prud’homale pour faire valoir ses droits.

Quelques semaines plus tard, alors qu’elle était en arrêt maladie, elle reçoit une lettre de licenciement pour faute grave, dans laquelle l’employeur fait explicitement référence à sa saisine du Conseil de prud’hommes.

Or, selon la jurisprudence constante, cette seule référence constitue une atteinte à la liberté fondamentale d’ester en justice : le licenciement est donc nul de plein droit.

La décision de la Cour d’appel de Pau (2 octobre 2025)

Par arrêt du 2 octobre 2025, la Cour d’appel de Pau a :

  • Prononcé la nullité du licenciement, fondé sur un motif illicite (« motif contaminant »),
  • Ordonné la réintégration immédiate de la salariée,
  • Condamné l’employeur à verser près de 192.000 € :
    - 148.932 € d’indemnité d’éviction,
    - 14.893 € de congés payés afférents,
    - 15.000 € pour discrimination homme/femme,
    - 600 € + congés au titre de la prime de surperformance,
    - 5.000 € pour violation de l’obligation de sécurité et santé,
    - 4.000 € pour violation de la vie privée et du RGPD,
    - Frais de justice (article 700 CPC)
    Une victoire complète : réintégration, réparation intégrale et reconnaissance des atteintes aux droits fondamentaux

Enjeux juridiques de cette affaire

Cette affaire illustre plusieurs principes essentiels en droit du travail :

  • Nullité du licenciement et “motif contaminant” : dès qu’un motif illicite figure dans la lettre de licenciement, la rupture est automatiquement nulle.
  • Liberté d’expression protégée : un salarié peut critiquer ses conditions de travail sans risquer un licenciement, tant qu’il reste mesuré.
  • Égalité professionnelle homme/femme : la Cour a reconnu une discrimination salariale et sanctionné l’employeur.
  • Protection des droits fondamentaux : vie privée, données personnelles, santé au travail sont inviolables.

Pourquoi contester son licenciement pour faute grave ?

Un salarié peut contester un licenciement pour faute grave car :

  • Il peut obtenir la nullité et sa réintégration ;
  • Il peut prétendre à une indemnité d’éviction couvrant toute la période entre le licenciement et le jugement ;
  • Il peut faire reconnaître ses droits face aux discriminations et aux atteintes aux libertés fondamentales ;
  • Il peut obtenir des dommages-intérêts significatifs.

Conclusion

Contester un licenciement pour faute grave n’est pas seulement possible, c’est souvent indispensable pour rétablir ses droits.

Le Juge peut en effet requalifier le licenciement pour faute grave en licenciement sans cause réelle et sérieuse. En cas de violation d’une liberté fondamentale, il peut également prononcer la nullité du licenciement. Nous avions également soulevé, que le licenciement était nul en raison de la violation de la vie privée et du secret des correspondances, l’employeur l’ayant violé également. 

Délais pour agir en prescription de la contestation. Attention, toute action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit par 12 mois « à compter de la notification de la rupture ».  

La Cour de Cassation l’a une nouvelle fois rappelé le 21 mai 2025, 24-10.009 FS-D, « qui s’entend de la date de réception par le salarié de la LRAR notifiant on licenciement », 

Cette victoire confirme l’engagement de notre cabinet à défendre les salariés contre les licenciements abusifs et à faire respecter leurs libertés fondamentales.

Vous souhaitez contester votre licenciement ? 

Notre cabinet vous accompagne devant le Conseil de Prud’hommes pour faire valoir vos droits.

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Maître Pierre SANTI, avocat au Barreau de Pau, spécialiste en droit du travail et droit international, consacre sa pratique exclusivement au droit du travail et au droit international du travail. 

Titulaire du titre officiel de spécialiste et d’un doctorat en droit de l’Union européenne, il accompagne et défend salariés, cadres dirigeants dans les situations les plus sensibles : licenciements (économiques, disciplinaires, pour inaptitude), mobilité internationale, détachement ou expatriation.

Maître Corinne SANTI, avocate au Barreau de Bordeaux met son écoute et son expertise au service des salariés confrontés à des situations difficiles au travail : harcèlement, burn-out, licenciement, ou souffrance professionnelle. 

Convaincue que chaque dossier mérite une écoute attentive, elle privilégie le dialogue et les solutions apaisées, tout en protégeant fermement les droits de ses clients.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire nos actualités et nos affaires gagnées.

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