Licenciement pour inaptitude après un burn-out : pourquoi saisir le Conseil de prud’hommes ?

Lorsqu’un salarié est déclaré inapte à la suite d’un burn-out, il a tout intérêt à saisir le Conseil de prud’hommes.

Derrière une inaptitude se cachent souvent des causes profondes : Surcharge de travail, forfait-jours abusif ou non-respect du droit au repos.

L’affaire SOLOCAL, jugée par la Cour d’appel de Pau le 3 juillet 2025, en offre une illustration concrète et exemplaire.

À retenir si vous êtes licencié pour inaptitude après un burn‑out

  • Un licenciement pour inaptitude peut être nul s’il résulte d’un harcèlement moral ou d’un manquement à l’obligation de sécurité.
  • Un forfait‑jours mal encadré peut être déclaré inopposable, avec à la clé plusieurs années d’heures supplémentaires à récupérer.
  • Le Conseil de prud’hommes peut reconnaître l’origine professionnelle de votre burn‑out et doubler vos indemnités.
  • Vous pouvez obtenir une indemnisation intégrale de votre préjudice, sans application du barème Macron dans certains cas.

Le cas d’un salarié victime d’un management harcelant et d’une surcharge de travail

Salarié depuis 2004 au sein du groupe SOLOCAL, notre client occupait un poste de Conseiller Communication Digitale Key Account.

À partir de 2019, il a subi :

  • Une surcharge de travail chronique, liée à la suppression de plus de 1 400 postes en un an ;
  • Des méthodes managériales humiliantes et coercitives ;
  • Une absence totale de prévention des risques psychosociaux malgré les alertes répétées des représentants du personnel.

Résultat : un épuisement professionnel majeur, diagnostiqué par plusieurs médecins, suivi d’une inaptitude médicale totale avec la mention : « Tout maintien dans l’emploi serait gravement préjudiciable à sa santé. »

Licencié pour inaptitude, le salarié a choisi de saisir la juridiction prud’homale pour faire reconnaître le lien entre son état de santé et les fautes de l’employeur.

L’action prud’homale : un levier essentiel pour la reconnaissance des droits du salarié

Notre cabinet a démontré que l’inaptitude du salarié découlait directement :

  • d’un harcèlement moral institutionnel ;
  • et d’une surcharge de travail excessive.

 La Cour d’appel de Pau a confirmé la nullité du licenciement, condamnant l’employeur à verser plus de 188 000 € au salarié, incluant :

  • 36 968,76 € de rappel d’heures supplémentaires ;
  • 10 057,13 € de contrepartie obligatoire en repos ;
  • 6 000 € pour violation des durées maximales de travail et minimales de repos ;
  • 80 000 € pour licenciement nul ;
  • 2 500 € pour défaut de prévention du harcèlement moral ;
  • et divers rappels d’indemnités et congés payés.  

Heures supplémentaires et burn-out : un indicateur fort de surcharge de travail

Le dossier a mis en évidence que notre client travaillait en moyenne 49 heures par semaine, bien au-delà de la durée légale.

Or, l’employeur prétendait lui appliquer une convention de forfait-jours, censée exclure le décompte des heures. La Cour d’appel a jugé cette convention inopposable, faute de suivi régulier de la charge de travail.

Conséquence : les heures effectuées au-delà du forfait ont dû être rémunérées comme des heures supplémentaires.  

Rappel de droit :

La validité du forfait-jours suppose un contrôle strict de la charge de travail et du respect des temps de repos (articles L.3121-58 à L.3121-66 du Code du travail). À défaut :

  • Les conventions de forfait sont inopposables au salarié ;
  • L’employeur doit payer les heures réellement accomplies ;
  • Et il engage sa responsabilité en cas d’atteinte à la santé.  

Un double enjeu : rémunération et prévention de la santé

Le non-paiement des heures supplémentaires ne constitue pas seulement une infraction au droit du temps de travail. C’est souvent le symptôme d’une organisation pathogène, où la pression commerciale, les objectifs inatteignables et les mails envoyés à toute heure créent un risque psychosocial majeur.

Ainsi, dans le cas de notre client, les heures supplémentaires non rémunérées et la charge de travail excessive ont été considérées comme facteurs déterminants du burn-out, rendant l’inaptitude d’origine professionnelle.

Burn-out et nullité du licenciement : une protection renforcée

La Cour d’appel de Pau a rappelé que :

  • Un licenciement pour inaptitude est nul lorsqu’il découle d’un harcèlement moral ou d’un manquement à l’obligation de sécurité (articles L.1152-3 et L.4121-1 du Code du travail) ;
  • Dans ce cas, le salarié peut obtenir une indemnisation intégrale de son préjudice, sans application du barème Macron.

Cette jurisprudence confirme que le burn-out n’est pas une cause isolée, mais bien souvent la conséquence directe de fautes organisationnelles de l’employeur.

Pourquoi saisir le Conseil de prud’hommes après un licenciement pour inaptitude ?

Faire reconnaître l’origine professionnelle du burn-out

Le juge peut établir que l’inaptitude résulte des conditions de travail, ce qui ouvre droit à des indemnités doublées.

Faire valoir le paiement des heures supplémentaires

Si le forfait-jours est inopposable, le salarié peut obtenir le paiement rétroactif de plusieurs années d’heures supplémentaires non rémunérées au titre des 3 dernières années.

Sanctionner le manquement à l’obligation de sécurité

L’employeur doit prévenir les risques psychosociaux et surveiller la charge de travail. À défaut, sa responsabilité est engagée.

Obtenir la réparation intégrale du préjudice

La saisine du Conseil de prud’hommes permet de demander :

  • la nullité du licenciement pour inaptitude (en lien avec un harcèlement ou un manquement grave à l’obligation de sécurité) ;
  • des dommages‑intérêts pour harcèlement moral ;
  • des rappels de salaires (heures supplémentaires, repos, congés) ;
  • des dommages‑intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ou nul ;
  • éventuellement, la réintégration, si vous le souhaitez et si les conditions le permettent.

Pour une vue d’ensemble des recours possibles en cas de licenciement (faute grave, insuffisance professionnelle, économique, PSE, expatriation), vous pouvez consulter :
 Contester son licenciement

  En conclusion

Saisir le Conseil de prud’hommes après un licenciement pour inaptitude consécutif à un burn-out permet :

  • De faire reconnaître la responsabilité de l’employeur,
  • De protéger sa santé et ses droits,
  • Et d’obtenir une réparation complète, y compris pour les heures de travail dissimulées.  

Vous souhaitez contester votre licenciement ? Solliciter le règlement de vos heures supplémentaires ?

Notre cabinet vous accompagne devant le Conseil de Prud’hommes pour faire valoir vos droits.  

Pourquoi nous choisir ?

  • 26 ans d’expérience et plus de 6 000 salariés accompagnés.
  • Spécialistes reconnus en droit du travail et en droit international
  • Stratégie sur-mesure,
  • priorité à la négociation,
  • réactivité en contentieux
  • Indépendance absolue : nous défendons uniquement les salariés  

Contactez-nous

Maître Corinne SANTI, avocate au Barreau de Bordeaux, met son écoute et son expertise au service des salariés pour négocier leur départ : salariés offshore, expatriés, cadres et cadres dirigeants confrontés à des situations difficiles au travail (harcèlement, burn‑out, licenciement pour faute grave, inaptitude, insuffisance professionnelle, ou plus généralement souffrance professionnelle).

Convaincue que chaque dossier mérite une écoute attentive, elle privilégie le dialogue et les solutions apaisées, tout en protégeant fermement les droits de ses clients. N’hésitez pas à contacter notre cabinet d’avocats spécialisé en droit international du travail.

Maître Pierre SANTI, avocat au Barreau de Pau, spécialiste en droit du travail et droit international, consacre sa pratique exclusivement au droit du travail et au droit international du travail. Titulaire du titre officiel de spécialiste et d’un doctorat en droit de l’Union européenne, il accompagne et défend les salariés et cadres dirigeants dans les situations les plus sensibles : licenciements (économiques, disciplinaires, pour inaptitude), mobilité internationale, détachement ou expatriation.

Il défend les salariés devant les juridictions prud’homales et les cours d’appel, conteste les licenciements (pour faute grave, insuffisance professionnelle, inaptitude, licenciement économique, licenciement d’expatrié)., et sollicite pour eux les rappels de salaires, primes, heures supplémentaires impayées, indemnités de rupture et dommages‑intérêts lorsque les droits du salarié n’ont pas été respectés.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire nos actualités et nos affaires gagnées.

Vous pouvez également consulter les témoignages de nos clients.

 « Je suis licencié pour inaptitude après un burn‑out : est‑ce que ça vaut le coup de saisir le Conseil de prud’hommes ? »

Oui, clairement.

Derrière un licenciement pour inaptitude après un burn‑out, il y a très souvent des fautes de l’employeur : surcharge de travail, forfait‑jours mal encadré, absence de prévention des risques psychosociaux, management harcelant, non‑respect des repos, etc.

Saisir le Conseil de prud’hommes permet notamment de :

  • faire reconnaître que votre inaptitude est liée à vos conditions de travail (origine professionnelle) ;
  • contester la validité du forfait‑jours et obtenir le paiement de plusieurs années d’heures supplémentaires ;
  • démontrer un manquement à l’obligation de sécurité ou un harcèlement moral ;
  • demander la nullité du licenciement ou sa requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec indemnisation renforcée (et parfois sans application du barème Macron).

Autrement dit, vous ne contestez pas votre état de santé, mais la responsabilité de l’employeur dans ce qui vous a conduit à l’inaptitude.

 « Qu’est‑ce que je peux espérer obtenir concrètement si le juge me donne raison ? »

Tout dépend de votre dossier, mais dans les affaires de licenciement pour inaptitude après burn‑out, les juges peuvent accorder, par exemple :

  • le paiement d’heures supplémentaires sur plusieurs années (avec majorations, repos compensateurs, congés payés) si le forfait‑jours est inopposable ou si vous travailliez bien au‑delà de 35 h ;
  • des dommages‑intérêts pour licenciement nul ou sans cause réelle et sérieuse (souvent plusieurs dizaines de milliers d’euros, voire plus selon votre ancienneté et votre salaire) ;
  • des dommages‑intérêts pour harcèlement moral et pour manquement à l’obligation de sécurité ;
  • des rappels d’indemnités (indemnité de licenciement, préavis, congés payés) si les montants versés sont insuffisants ou mal calculés ;
  • éventuellement, votre réintégration si le licenciement est nul et que vous le souhaitez.

Dans le dossier SOLOCAL, par exemple, notre client a obtenu plus de 188 000 €, en cumulant : rappels d’heures supplémentaires, repos, indemnités de licenciement, dommages‑intérêts pour licenciement nul, harcèlement et défaut de prévention.

« Combien coûte un avocat pour contester un licenciement pour inaptitude après un burn‑out ? »

Les honoraires d’avocat ne sont pas fixés par un barème légal : ils sont déterminés d’un commun accord entre l’avocat et le salarié, en fonction :

  • de la complexité du dossier (burn‑out, harcèlement, forfait‑jours, expatriation, etc.) ;
  • des enjeux financiers (heures supplémentaires, indemnités de licenciement, dommages‑intérêts) ;
  • du temps de travail nécessaire (analyse des pièces, rédaction des écritures, audiences, négociation).

En pratique, pour un dossier de licenciement pour inaptitude après burn‑out, nous fonctionnons généralement avec :

  • un honoraire de base (forfait) pour l’analyse du dossier, la stratégie, la rédaction des actes et la représentation devant le Conseil de prud’hommes et, si besoin, devant la Cour d’appel ;
  • un honoraire de résultat complémentaire, calculé sur les sommes obtenues (indemnités, rappels de salaires, dommages‑intérêts).

Tout est formalisé dans une convention d’honoraires écrite, expliquée dès le départ.

En cas de succès, le juge peut en outre condamner l’employeur à vous verser une somme au titre de l’article 700 du Code de procédure civile, ce qui permet de réduire votre reste à charge.

Si vous le souhaitez, nous pouvons, lors d’un premier échange, vous donner une fourchette indicative d’honoraires et une estimation des montants en jeu dans votre dossier, pour que vous puissiez décider en toute connaissance de cause.

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