La guerre au Moyen-Orient remet brutalement en lumière la question des droits des salariés expatriés, notamment lorsqu’ils sont rapatriés en urgence pour des raisons de sécurité.
De nombreux salariés nous interrogent : une fois de retour en France, ont-ils encore droit à un emploi dans la maison mère, à leur salaire d’expatriation, à une indemnisation en cas de rupture du contrat ?
Ces situations, déjà complexes en temps “normal”, deviennent particulièrement sensibles lorsque la fin de mission n’est pas choisie mais subie, à la suite d’un rapatriement décidé par l’employeur ou les autorités, comme c’est le cas pour certains de nos clients expatriés au Moyen-Orient.
Lorsque vous êtes engagé par une société mère en France et mis à disposition d’une filiale à l’étranger, la loi et la jurisprudence imposent à la maison mère une véritable obligation de protection à la fin de votre mission.
En pratique :
À défaut d’offre conforme, le salarié peut réclamer les salaires et accessoires de rémunération de son dernier emploi (souvent le salaire d’expatriation) jusqu’à la rupture de son contrat par la maison mère.
Même lorsque la mission prend fin à cause d’un événement extérieur grave (guerre, insécurité majeure, fermeture du site, évacuation d’urgence), la maison mère ne peut pas “laisser tomber” le salarié une fois celui-ci revenu en France.
Elle doit :
Le contexte de guerre ne dispense pas l’employeur de ces obligations ; au contraire, il renforce la nécessité d’un traitement particulièrement attentif des droits du salarié.
Le salarié expatrié peut refuser une offre de retour qui n’est pas conforme aux exigences légales et jurisprudentielles.
Une offre peut être contestée si :
En revanche, si l’offre est sérieuse, précise et loyale, qu’aucune autre mission n’existe et que le salarié la refuse sans motif légitime, la rupture pourra être analysée comme imputable au salarié, sous le contrôle du juge.
Après le rapatriement, si la maison mère envisage de rompre le contrat, le licenciement doit reposer sur une cause réelle et sérieuse, qu’elle soit :
Les juges examinent séparément :
La maison mère doit invoquer des motifs qui lui sont propres : les difficultés de la filiale étrangère ne suffisent pas à justifier un licenciement économique en France.
En cas de manquement au droit au retour (absence d’offre conforme, absence de recherche sérieuse de reclassement), la rupture peut être qualifiée de licenciement sans cause réelle et sérieuse, voire nulle selon les circonstances.
C’est une question centrale pour les salariés rapatriés du Moyen-Orient : leurs droits doivent-ils être calculés sur la base du salaire d’expatriation (souvent très supérieur) ou du salaire français ?
La jurisprudence est claire :
Cela peut représenter un enjeu financier majeur pour les salariés expatriés, en particulier ceux qui ont travaillé plusieurs années dans une zone de conflit ou à haut risque avec des rémunérations majorées.
Notre cabinet intervient depuis de nombreuses années aux côtés de salariés expatriés, cadres et non-cadres, dans des contextes sensibles (zones de conflit, pays à haut risque, fermetures de sites à l’étranger).
Nous avons obtenu, pour des salariés expatriés, des condamnations importantes d’employeurs pour licenciement abusif, rappel de salaires d’expatriation, heures supplémentaires et astreintes, y compris lorsque le litige impliquait des groupes internationaux.
Chaque situation est particulière : contrat unique français avec mise à disposition, double contrat maison mère / filiale, primes d’expatriation, indemnités de risque, logement, scolarité des enfants, etc.
Un examen précis de votre dossier est indispensable pour faire valoir l’intégralité de vos droits.
Oui, si vous avez été engagé par la maison mère en France, mis à disposition d’une filiale et que cette filiale est toujours contrôlée par la maison mère au moment de la rupture de votre contrat local, la maison mère doit vous rapatrier et vous proposer un emploi compatible avec l’importance de vos précédentes fonctions.
Pour le calcul des indemnités de rupture (indemnité de licenciement, dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, etc.), la jurisprudence retient en principe le dernier salaire perçu à l’étranger, c’est-à-dire le salaire d’expatriation.
En revanche, la question du salaire applicable après retour dépend des stipulations contractuelles et des avenants : une analyse détaillée de vos contrats est nécessaire.
Pour toute question sur votre situation d’expatrié rapatrié, en particulier dans le contexte actuel au Moyen-Orient, vous pouvez nous contacter pour un entretien confidentiel et personnalisé.