Le salarié avait notamment refusé une mobilité, en sollicitant un délai complémentaire, compte tenu de sa situation familiale.
Le contentieux opposant notre client à la SNC Échangeur International et la SARL Colas Mayotte illustre parfaitement la complexité des litiges en droit du travail international, la question du co-emploi et la défense des droits des salariés expatriés.
Le salarié, cadre dirigeant, a travaillé au sein de la société Colas Mayotte, filiale du groupe Bouygues, dans le cadre d’un contrat de travail signé avec la SNC Échangeur International. En décembre 2016, il est licencié pour faute grave, l’employeur lui reprochant des faits liés à sa vie personnelle et à sa gestion d’un logement de fonction à Mayotte.
Convaincu du caractère injustifié du licenciement, le salarié saisit le conseil de prud’hommes de Rambouillet en mars 2017, réclamant la reconnaissance d’un co-emploi entre les deux sociétés, la nullité du licenciement et des indemnités conséquentes.
Le Conseil considère que la valeur probante de ces éléments de preuve est insuffisante au regard de leurs contenus et des modalités de leur recueil... Il convient donc de dire et juger que le licenciement du salarié est dépourvu de cause réelle et sérieuse... Il résulte des dispositions de l’article L. 1235-3 du code du travail que : “Si le licenciement survient pour une cause qui n’est pas réelle et sérieuse, le tribunal peut proposer la réintégration du salarié dans l’entreprise avec maintien de ses avantages acquis...”
En juin 2018, le conseil de prud’hommes juge que le licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse et condamne la SNC Échangeur International à verser plus de 175 000 € d’indemnités à notre client (indemnités de licenciement, préavis, stock-options, etc.), mais écarte la SARL Colas Mayotte de la procédure.
Saisie par les deux parties, la cour d’appel de Versailles, en septembre 2020, reconnaît le co-emploi des deux sociétés et condamne solidairement la SNC Échangeur International et Colas Mayotte à verser à notre client plus de 390 000 € (indemnités de licenciement, préavis, indemnité conventionnelle, stock-options, dommages et intérêts pour circonstances vexatoires, absence de prise en charge par Pôle emploi, etc.).
La Cour d’appel condamne in solidum la société Echangeurs International et la société Colas Mayotte à payer à notre client les sommes suivantes :
Les sociétés forment un pourvoi en cassation. Par un arrêt du 22 mars 2023, la Cour de cassation rejette leurs arguments et confirme l’arrêt de la cour d’appel, consacrant définitivement la condamnation des deux sociétés, la reconnaissance du co-emploi et le montant des condamnations.
REJETTE le pourvoi ; Condamne les sociétés Echangeur international et Colas Mayotte aux dépens et à payer au salarié la somme de 3 000 euros.
En 2024, à la suite de difficultés d’exécution des décisions, notre cabinet d’avocats spécialisé en droit du travail, a obtenu la saisie des comptes des sociétés. Les sociétés ont tenté de faire annuler cette saisie. Par jugement du 23 juillet 2024, le juge de l’exécution de Versailles rejette leur demande, confirme la validité de la saisie, condamne la SNC Échangeur International pour résistance abusive et lui ordonne de payer des dommages et intérêts supplémentaires.
Le Juge de l’exécution a rejeté la demande de mainlevée des saisie-attributions diligentées par le salarié contre la société SNC ECHANGEUR INTERNATIONAL.
Il a condamné la société SNC ECHANGEUR INTERNATIONAL à verser à notre client la somme de 5.000 euros au titre de la résistance abusive ;
Il a également condamné la société SNC ECHANGEUR INTERNATIONAL et la société SA COLAS MAYOTTE à payer au salarié la somme de 2.000 euros au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civil.
Notre cabinet reste à votre disposition pour accompagner les salariés expatriés dans la défense de leurs droits en droit du travail international.
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