Dans une affaire du cabinet portée devant le Conseil de prud’hommes de Pau puis devant la Cour d’appel de Pau, notre client, salarié expatrié durant de nombreuses années pour une société du secteur parapétrolier, contestait la rupture de sa relation de travail et invoquait plusieurs manquements graves de son employeur.
Si la question du licenciement a fait l’objet de débats complexes en raison de la structure internationale du groupe, la Cour d’appel a néanmoins reconnu plusieurs pratiques illicites ouvrant droit à indemnisation : marchandage, travail dissimulé, et défaut d’affiliation à l’assurance chômage des expatriés.
Les décisions judiciaires ont mis en lumière un montage fréquemment rencontré dans certains groupes multinationaux : le salarié travaillait sous l’autorité de la société française, mais était officiellement rémunéré par une société tierce basée aux Bermudes (PRL), utilisée comme structure écran.
La Cour relève que :
Sur ce fondement, la Cour d’appel condamne l’employeur à verser 50 000 € de dommages-intérêts pour marchandage.
La juridiction a également relevé que l’employeur :
Ces éléments, relevés notamment sur les pages 11 et 12 de la décision de la Cour d’appel, permettent de caractériser le travail dissimulé par dissimulation d’emploi salarié.
L’indemnité forfaitaire accordée à ce titre s’élève à 92 940 €.
L’article L.5422-13 du Code du travail impose à tout employeur d’affilier ses salariés expatriés au régime d’assurance chômage.
Or, l’employeur ne l’avait jamais fait, laissant le salarié sans protection sociale contre la perte d’emploi, et sans information sur cette obligation.
La Cour d’appel reconnaît un préjudice direct, indemnisé à hauteur de 24 000 €.
Le salarié, affecté sur des missions à haute technicité dans différents pays et environnements à risques, aurait dû bénéficier de formations adaptées.
La Cour constate un manquement à l’obligation légale de formation et d’adaptation, condamnant l’employeur à verser 2 000 € de dommages-intérêts.
Cette décision rappelle que :
Conclusion : un rappel fort des obligations de l’employeur envers les expatriés
Au total, la Cour d’appel condamne l’employeur à verser à notre client :
Ces condamnations démontrent que, même dans le cadre de carrières internationales complexes, les salariés expatriés disposent de droits effectifs et peuvent obtenir réparation lorsqu’ils sont victimes de pratiques illicites.