Une dizaine d’anciens employés de GLV Abattoirs à Lons attaquent Serval qu’ils accusent de licenciements abusifs

« Il y a un an, 11 licenciements étaient annoncés aux salariés des abattoirs de Lons.

C’était il y a un peu plus d’un an. Un coup de fil dont Philippe Riffaud, ancien directeur commercial de Gascogne Limousin Viande (GLV) – filiale de la société deux-sévrienne Serval, qui avait racheté à la Ville de Pau les abattoirs de Lons, en 2006, se souvient parfaitement.
« Il était 9 h 30 ; j’étais en déplacement. Il m’a été annoncé que notre atelier découpe fermait. J’ai donc tout de suite compris ce que cela signifiait : la fin de GLV. Un mois et demi plus tard, tout fermait », raconte le cadre qui a le sentiment d’avoir « été mené en bateau ».

Quelques mois plus tôt, « Serval nous promettait des investissements pour les abattoirs de Lons », poursuit le quinquagénaire qui s’est retrouvé licencié du jour au lendemain. Comme ses trente collègues, dont dix ont saisi les Prudhommes de Pau. Ils accusent leur ancien employeur de licenciements abusifs. L'audience s’est tenue mardi. Représentés, Mes Pierre Santi et Yves Darmendrail, les ex-GLV n’ont, en majorité, pas retrouvé d’emploi. À l’instar de Jean-Jacques Vacher, un homme de 53 ans qui a oeuvré pendant quinze ans comme préparateur de commande, dont six à Lons. « J’ai tout essayé, mais ça n’a rien donné. Fin mai, je passe au chômage et je ne toucherai que 800 euros par mois. » Lui aussi éprouve de l’amertume à l’évocation de son ancien emploi. À écouter Me Santi, son dépit est fondé.

« Procédés déloyaux » Car selon l’avocat, Serval n’a pas respecté ses obligations de reclassement. « La même lettre a été envoyée à tous les salariés dans laquelle les mêmes postes étaient proposés. Ainsi, Serval n’a pas hésité à soumettre à un comptable un poste d’électricien, tout en spécifiant qu’il ne pouvait y prétendre qu’à condition de justifier des qualités professionnelles adaptées », plaide l’avocat qui dénonce « un procédé en trompe-l’oeil et déloyal ».

Et le même de fustiger le flou entretenu par Serval. « On nous dit qu’elle a une centaine de salariés en France, mais combien sont-ils dans les six filiales à l’étranger ? Mystère », enfonce-t-il avant de demander des dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle ni sérieuse allant de 17 000 à 111 000 euros pour les dix salariés qu’il défend, en plus d’indemnités compensatrices de préavis, de congés payés ou encore des rappels de salaires.

Des accusations que Me Pagot, l’avocat poitevin de Serval, juge injustifiées. « Ces reproches sont purement formels. Serval a proposé les postes disponibles qu’elle avait. Que pouvait-elle faire de plus ? Toutes les sociétés du groupe connaissaient des difficultés », assure-t-il en rappelant les activités de son client. La première (l’historique), la fabrication d’aliment pour veaux ; la seconde, celle de l’élevage de veaux de boucher ; enfin, la dernière, qui correspond à GLV, créée en 1987, la production et la transformation de viande.
Le conseil des Prud’hommes rendra sa décision le 10 septembre. En attendant, il y a de grandes chances qu’il soit saisi par d’autres anciens travailleurs des abattoirs : les ex-salariés de Point Viandes, une filiale à 100 % de GLV qui employait 25 personnes jusqu’à sa liquidation, l’été dernier. GLV faisait la transformation ; Point Viandes se chargeait de l’abattage des bêtes. Tout le monde s’est retrouvé sur le carreau. »

Article Sud Ouest par E. Artigue-Cazcarra • 24/04/2013 

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